House of Cards

A peine revenu de San Francisco, je quitte Blacksburg le week-end prochain à nouveau.

Je n’ai pas encore partagé mon aventure de San Francisco et les anecdotes qui s’y rattachent, mais ça sera pour très bientôt. Les cours ont pris quelque peu le dessus récemment, et cela va continuer pendant la semaine qui vient. Pour exemple, mardi dernier, j’ai rendu un dossier ayant pour sujet “L’effet du taux de change euro-dollar sur Airbus”. 29 pages passionnantes que je serai ravi de vous envoyer si vous avez envie d’en apprendre plus sur le sujet. Lors de ma relecture je trouvais ça intéressant en tout cas. Et maintenant vous devez penser que je suis totalement cinglé. Peut-être…

Bien sûr je n’ai pas été qu’en cours pendant ces 2 semaines après Spring Break. J’ai assisté à mes derniers matchs de basket universitaire à Virginia Tech. J’aurai préféré partir sur autre chose qu’une défaite. Mais tout de même, j’aurai passé de bons moments dans cette salle. La prochaine fois, ce sera pour la remise de diplôme le 14 mai, autre bon moment j’espère.

Je précise “basket universitaire”. Samedi soir je serai au United Center pour assister au match des Chicago Bulls contre les Charlotte Bobcats. Si jamais vous avez l’occasion de regarder le match, vous me verrez peut-être parmi les 20,000 spectateurs qui seront présents. S’ils ne se blessent pas, j’aurai donc l’occasion de voir jouer Joakim Noah et Boris Diaw, deux des meilleurs basketteurs français.

Je vais donc rendre visite à Adrien à Chicago à partir de vendredi jusqu’à lundi. Non, le lundi de Pâques n’est pas férié aux Etats-Unis, mais cela ne va pas m’empêcher de revoir un ami de DUT (ça remonte…) lui aussi sur le sol américain pour ses études. Depuis le début de l’année on s’était dit que j’irai à Chicago, et c’était la dernière occasion qu’il me restait pour pouvoir, en plus, voir un match des Bulls. Certes, sans Michael Jordan, mais cela ne m’empêchera pas d’être comme un gamin avec un nouveau jouet une fois à l’intérieur.

Il est temps pour moi de retourner à mes occupations; quelques semaines encore à étudier avant de finalement obtenir mon diplôme.

Plus que 47 jours.

Ghost Town

Je vis dans une ville fantôme.

Spring Break 2010! Dernières vacances avant la remise de diplôme du 14 mai prochain. Et qui dit vacances, dit tout le monde qui rentre chez soi, ou, justement, part en vacances. Malheureusement, je ne suis pas encore parti, et je vis Blacksburg sans ses étudiants. C’est pas beau à voir.

Enfin, tout dépend de ce que l’on recherche bien évidemment. En terme d’activités, passez votre chemin. Pour exemple, hier dimanche j’avais envie d’aller manger des sushis (super intéressant vous allez me dire…); j’ai eu de la chance car le restaurant était ouvert. Je ne pouvais pas en dire autant des 4 autres devant lesquels je suis passé devant, tous fermés. Et bien entendu, j’étais le seul client à ce moment là. Vraiment étrange. Finalement j’ai pu discuter avec le serveur et le cuisto, c’était sympa quand même.

Surtout je viens de me rendre compte qu’il y a des gens autres que des étudiants qui vivent ici; et ça 365 jours par an. Les pauvres. Samedi après-midi, à la recherche d’un fast-food ouvert, j’ai vu des habitants que je ne vois pas toute l’année: des personnes de 25 ans et plus. Des personnes âgées entre autres. Comme s’ils vivaient en hibernation pendant l’année scolaire, sortant de chez eux quand les étudiants quittent la ville. Ou peut-être simplement que je ne suis pas habitué à les voir, noyés dans la masse habituelle de jeunes.

Bref, étant un des seuls “jeune” restant (oui, j’ai encore moins de 25 ans…), c’est vraiment, vraiment pas réjouissant.

Donc il est temps que je parte! Mes plans de Spring Break se sont pourtant annulés les uns après les autres: Floride, non. Cancun, non plus, faute de moyens. Chicago, ça sera pour plus tard. Je m’étais presque résigné à rester ici en tentant survivre une semaine dans “Ghost Town”. Et puis finalement, sorti de nulle part, Jérôme décide d’aller à San Francisco pour quelques jours, assister à une conférence pour son travail. Ô joie, ô délivrance.

San Francisco faisait partie de ma “to see list” pour mes 2 années ici, et c’est une occasion aussi inespérée que fortuite. J’ai pris mon billet d’avion, un peu cher vu le peu de temps entre ma décision d’y aller et le départ (4 jours), mais qu’importe.

Me voilà donc en train de préparer mes affaires, prêt à décoller vers la Californie, la batterie de mon appareil photo rechargée, mon lecteur MP3 et American Psycho (le livre, pas le film) pour l’avion, et une envie folle de quitter Blacksburg au plus vite.

Je passe en mode “touriste”.

Let It Snow

Certains appellent ça “Snowmageddon”. J’irai pas jusque là. Pas à Virginia Tech en tout cas.

Comme certains d’entre vous l’ont certainement entendu, il neige (un peu) sur l’Est des Etats-Unis, dont la Virginie. Bon, c’est pas faux, quelques flocons sont tombés. Depuis maintenant 2 semaines, il neige de façon régulière. Neige, ou alors il tombe de la glace, directement. C’est plus simple pour geler les routes et bloquer toute forme de vie! Aux endroits non déneigés, on doit atteindre 40 à 50cm de neige glacée.

Finalement, c’est Washington, DC qui a été le plus touché par ce blizzard. 90 cm de neige à certains endroits. Du jamais vu depuis 1922. Je me souviens bien de cette année là; c’est effectivement comparable…

Il y a dix jours de ça, les cours étaient annulés suites à des chutes de pluie/grêle verglaçante; vendredi dernier, les cours ont été tout simplement annulés pour la journée. Il était tombé quelques 25 cm de neige pendant la nuit. Et vu que le service de déneigement est dépassé, il est plus simple de dire à tout le monde de rester à la maison! On nous avait prévenu, mais avec Dave, nous nous sommes rendus chez Pierre et Walter quand même. Résultat des courses, voiture bloquée… Avec l’aide de résidents qui passaient par là, à 6 à pousser la voiture, on a finalement réussi à rentrer chez nous… :)

Hier samedi, le match de basket était ouvert à tous les étudiants (d’habitude, un système de loterie est organisée pour distribuer les places). Une file d’attente assez incroyable pour pouvoir assister au match et remplacer tous les gens coincés chez eux. Quelques 400 à 500 mètres de queue… Quel bonheur d’avoir un billet pour la saison et pouvoir éviter ce bordel…!

Avec toute cette neige, c’est là que les étudiants redeviennent créatifs. La semaine dernière, après les premières neiges importantes, une bataille de boule de neige géante a été organisée (merci Facebook). Je suis passé à côté pour voir l’ampleur des dégâts, et j’estime à 400 le nombre de participants au début de l’événement, vers 19h. Je suis repassé au même endroit une heure plus tard, et ils étaient encore là. Je suis trop vieux pour ces conneries je suppose…! :P

Autre preuve de créativité: l’usage de plateau repas comme luge… A côté de la cafétéria “Owens”, un dénivelé d’une dizaine de mètre suffit à combler tous les étudiants avides de glissades. Et comment on fait sans luge? Avec les moyens du bord… Donc avec les plateaux repas de la cafétéria. Voilà donc plus d’une semaine que je mange sans plateau; pas pratique pour transporter plats et couverts…!

Des igloos se sont formés aussi çà et là. Plus de 2 mètres de haut pour certains. (Je vais essayer de prendre quelques photos encore avant qu’ils ne s’effondrent).

Et vu que la neige ne suffisait pas, la température va tomber aux alentours de -12°C cette nuit pour geler tout ça! Bien sûr, plus de glace est prévue pour la semaine qui vient. Bienvenue à Virginia Tech en hiver…

Vivement le printemps.

Pink maggit (last time)

Le dernier semestre de ma (longue) vie d’étudiant.

Retour à Blacksburg après une parenthèse en France pour les fêtes de fin d’année. Une pause nécessaire avant de recommencer à étudier et à vivre à Virginia Tech. Le dernier semestre donc, après maintenant tant d’années passées à cirer des bancs d’école.

J’avoue que je n’étais pas impatient de revenir ici. Mes vacances étaient vraiment géniales ; j’ai pu passer du temps en famille, avec les amis (pas tous malheureusement), etc. J’ai pu profiter de notre chère cuisine française, du vin, du fromage, par exemple. Et surtout, j’ai pu m’éloigner de Blacksburg. Car même si j’adore les gens avec qui je suis ici, cette ville commence légèrement à me taper sur le système. Il y a toujours des endroits que je ne connais pas, certes, mais je pense avoir largement fait le tour de la question maintenant. Déjà un an et demi que je traîne dans les mêmes endroits, rencontre les mêmes personnes, bois la même bière fade, mange la même “cuisine” américaine.

D’une certaine manière donc, j’attends de savoir quelle sera ma prochaine étape. J’apprends toujours autant de chose (qui m’intéresse réellement) en cours, mais j’ai besoin d’une nouvelle expérience. Comme l’impression de stagner. Et si je n’avance pas, j’ai le sentiment de reculer.

D’une autre manière, la vie étudiante a quand même un sacré paquet d’avantages que je regretterai quand j’aurai (un jour peut-être) un travail. Parce qu’être étudiant ne demande pas les mêmes responsabilités, tout simplement. L’ insouciance de la jeunesse… A moi d’essayer de profiter au maximum de ce dernier semestre et de faire tout ce que j’ai pas encore eu (pris?) le temps de faire jusque là.

Je pense donc aller visiter Chicago (Adrien tu m’accueilles toujours? :) ), faire un petit tour en Floride, peut-être se perdre à un bout ou à l’autre du Canada (Vancouver? Montréal?)? J’espère donc m’occuper un peu par ce biais, tout en gardant à l’esprit que ce serait débile de se rater sur le dernier semestre et de ne pas avoir son diplôme au bout du compte. En parallèle, la recherche de travail prendra une place assez importante également.

Tout ça pour dire que, même si la Virginie ne m’est plus aussi attractive qu’avant (au fait, voir ici les détails d’une fusillade qui s’est déroulée à 2h de route de Virginia Tech ; comme une habitude maintenant…!), il serait vraiment dommage (et stupide) de ne pas profiter de cette dernière période de ma vie d’étudiant.

Profitons donc, profitons.

Riders on the Storm

Pas forcément comment j’imaginais mon voyage retour.

A l’heure où j’écris, je devrais maintenant survoler l’Allemagne, sur le point d’atterrir à Francfort. Mais ce n’est que de la théorie. La météo en a décidé autrement. Car maintenant je suis à Blacksburg, à Virginia Tech, de retour dans ma chambre d’étudiant du Graduate Life Center.

La faute à pas de chance on pourrait dire. Jeudi j’ai reçu un email disant que l’on pouvait rester plus longtemps dans nos résidences dû au “snowstorm” qui approchait. Comment ça une tempête de neige? Je n’y croyais pas trop. Au pire quelques flocons, mais rien de bien méchant. Et pourtant, voilà ce que j’ai pu voir vendredi dernier (18 décembre):

ou la vue de la sortie principale de mon batîment à 14h15 vendredi

ou la vue de la sortie principale du GLC vendredi à 14h15

Jusque là, rien de méchant. Mais il a commencé à neiger seulement 15 minutes plus tôt. Une heure et demdi plus tard, voilà où ça en est…:

ou la même vue 1h30 plus tard...

Cela donnait des photos plutôt jolies d’ailleurs:

ou le GLC Plaza vers 16h

La neige n’a pas cessé de tomber tout la nuit. En rentrant de chez Pierre vers minuit, voilà à quoi ça ressemblait:

ou toujours la même vue vers minuit

C’est peut-être l’une des rares fois où je ne voulais pas de neige. Parce que ce samedi, je voulais donc prendre l’avion pour revenir en France. Optimiste que j’étais, j’espérais que j’arriverai à parvenir jusqu’à Francfort. Que nenni…

Le premier objectif était d’arriver à Roanoke. Pas de bol, les bus ne circulent pas ce samedi. Même s’il ne neige plus, il est quand même tombé plus de 30 cm de poudreuse dans la nuit. J’aurai d’ailleurs aimé chaussé un snowboard sur les montagnes à proximité…!

J’appelle donc au secours de Dave, un des rares étudiant encore présent sur le campus. Il m’amène donc à Roanoke, en compagnie d’un autre étudiant qui attendait le bus en même temps que moi. La route n’est dégagée qu’à moitié, mais nous arrivons à l’aéroport après 2h de trajet (alors qu’il en faut une demi heure en temps normal). Je me place dans la file d’attente pour obtenir mon billet. Après 10 minutes d’attente, j’aperçois sur l’écran au loin que mon vol est annulé… Awesome. Un employé de l’aéroport nous informe aussi que tous les vols sont annulés pour la journée, et que très peu de vols seront autorisées le lendemain. “De la neige comme on en voit une fois que tous les 20 ans”. C’est tombé le week-end précédant Noël. Mauvais timing.

Bon, je m’y étais préparé en quelque sorte. J’imaginais pouvoir attraper un avion ce lundi, mardi au pire. Après avoir eu Lufthansa au téléphone, le vol le plus tôt qu’ils me trouvent pour Francfort part… jeudi 24, arrivée prévue vendredi 25. Je m’effondre. Et voilà que je suis parti pour passer le réveillon de Noël dans un avion… Tristesse et désespoir.

Dave revient donc me chercher pour me ramener à Virginia Tech (encore merci à lui). Nous allons au cinéma avec Dave, Alex et Pierre. Cela me change un peu les idées l’air de rien (NDLR: Avatar est un très bon film malgré son histoire plus que banale et prévisible).

Je reprends donc quartier dans ma chambre, avec la ferme intention de trouver une solution à mon problème de transport. J’appelle United Airlines, essaye de trouver le chemin le plus saugrenu qui soit pour éviter de passer Noël avec un repas réchauffé et des couverts en plastique. Ils ont finalement trouvé un vol pour ce mardi: Roanoke-Chicago, Chicago-Düsseldorf, Düsseldorf-Francfort. Pas optimal du tout, mais je ne vais pas faire la fine bouche. En suivant ce trajet qui s’annonce long et pénible, je serai au moins à la maison le 24 décembre, et c’est bien là le plus important.

Bien sûr, en espérant que ce vol se passe sans annulation, sans vols retardés, etc.

Je croise les doigts.